> une drôle d'expérience qu'il faut partager

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homme Elma


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25 ans

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Posté : 25/11/2011 14h03

Au chômage depuis plus d'un an (je ne compte pas les petits intérims), je tiens à vous faire part de mon expérience des derniers mois :

D'abord, ne trouvant pas de travail avec mon diplôme actuel (Master en Histoire), je décide en juillet de reprendre des études en septembre en "Sciences de Gestion". Le marché de l'emploi étant très demandeur de ce diplôme, j'estime qu'il s'agit d'une bonne idée. De plus, les "employeurs" se plaignent constamment du manque de formation (sic) des demandeurs d'emploi. Je me renseigne donc sur mes droits, qui sont ceux-ci :
- Je dois me désinscrire du FOREM. Je n'ai pas droit à la dispense car j'ai déjà un diplôme universitaire et pas encore deux ans de chômage. De plus, il ne fait pas partie des 10 diplômes en pénurie (les 10 premiers... MAIS il y a pénurie malgré tout).
- Je n'ai plus droit aux allocations familiales (logique, j'ai plus de 25 ans, on ne va pas râler pour ça).
- Je n'ai pas droit à une bourse d'étude (il s'agit d'un second diplôme. Je ne vais rien dire dans la mesure où j'en ai bénéficié pendant mon premier Master).
MAIS surtout : je n'aurai pas le droit de me réinscrire comme demandeur d'emploi à la fin de mes études! En effet, lorsque vous vous désinscrivez, c'est "à vie" (sauf si vous trouvez du travail et que vous le perdez ensuite). Cela signifie que je n'aurai plus droit à l'APE ou aux intérims... Même si mon objectif est de trouver du travail rapidement, cela met quand même deux méchants freins.
Finalement, n'ayant pas les finances à ce moment-là pour assurer une année d'étude, je dois revoir mon ambition à la baisse et continuer à errer dans les méandres du chômage.

En septembre, je me lance dans deux projets. Commençons par le premier : faire du bénévolat. Si c'est pour perdre mon temps, autant l'occuper un maximum.
Je trouve deux institutions désireuses de me prendre sous ce statut : une école de devoir (les mercredis après-midi) et un musée (le samedi comme guide). Super, c'est justement en rapport avec mes études! Je reste ainsi dans le circuit.
MAIS je dois faire signer un papier à l'ONEM. Simple formalité on me dit. ERREUR! On me refuse le bénévolat!!! Motif : Le bénévolat des sans-emplois est prioritairement réservé aux personnes ayant des difficultés d'embauche. Ah bon, ce n'est pas mon cas? "Non, les diplômés universitaires n'ont pas le droit d'avoir de difficultés, d'ailleurs vous pouvez enseigner". Je réponds que je n'ai pas l'agrégation et que professeur d'histoire est le seul poste d'enseignant qui n'est pas en pénurie. Elle me répond "je sais bien, donnez cours de langue, vous parlez anglais". Inutile de dire que toutes mes tentatives pour donner ce cours se sont soldées par un échec.
Bref, pas de bénévolat. Après on dira que les chômeurs devraient en faire pour se rendre utile...
Pour info : je n'ai trouvé aucune loi m'interdisant. J'ai lancé un recours... Classé sans suite.

J'avais également un second projet : devenir indépendant. Je décide de me lancer dans une société de service aux entreprises : "la gestion et numérisation des archives et dossiers".
Je me renseigne pour avoir droit au prêt de la région wallonne (prêt social). Je décide donc de monter un dossier en béton (étude de marché, besoin en fonds de roulement, besoin en matériel, recherche d'un emplacement de société, besoin en personnel [bah oui, il me fallait un deux employés... donc deux emplois en plus + moi = 3 chômeurs en moins], projection-bilan sur... 3 ans [hard ça]),...). Pour information, le dossier faisait 87 pages.
D'après les conditions du prêt social, il ne faut pas avoir de capital en poche. On te prête ton capital (à un taux très réduit, proche de 0).
Pourtant, on me demande de verser un capital. Assez saisi de la demande, qui est logique dans le cas d'un prêt bancaire mais pas de la région wallonne, j'essaie de comprendre.
On me répond "Effectivement, vous y avez droit, mais suite à un grand nombre d'échec (qui est de 35%... soit le même pourcentage que pour ceux n'ayant pas droit au prêt social), une circulaire (rien de légale) nous fait exiger un capital de 5% du montant, soit 5000 €.
Le seul moyen d'avoir cette somme serait de faire un emprunt à 18% annuel (taux d'usure) en plus de l'emprunt social, avec tous les risques que cela comprend.

Bref, au final, malgré ma bonne volonté, rien n'a pu se faire. Début octobre, lorsque j'ai reçu mon refus dans le bénévolat, je me suis vite inscrit en "sciences de gestion" (Master d'un an). Pour pouvoir encore bénéficier du chômage, je recherche toujours du travail (qui reste ma priorité). Il y une semaine, j'ai reçu mon refus de prêt, je relance des recours, on ne sait jamais, "il faut s'accrocher" dirait les vieux.
Il y a quand même une éclaircie : j'ai réussi mes examens pour rentrer au SPF Finances en tant que Gestionnaire Fiscal. J'attends désormais d'être affecté (c'est le même principe qu'à la police, c'est par vague en fonction de l'ordre dans la liste. Je suis 170e sur 500. 40 ont déjà été pris. Je devrais rentrer vers mai ou juillet).


Je tenais malgré tout à faire part de mon témoignage. Pourquoi? Car même s'il y a des chômeurs qui profitent du système (un temps, je fus tellement découragé que j'ai même hésité à faire pareil), beaucoup se battent chaque jour pour sortir de cette situation. Ce n'est pas une question d'argent mais simplement de dignité.
Je me sens plus fière de dire "je suis étudiant" que "je suis chômeur". J'écris parfois des articles (intérim) pour un journal, cela ne me fait rien gagner de plus par rapport au chômage, mais c'est juste la "fierté" de dire "je l'ai écrit".
Bref, je trouve important de "remettre l'église au milieu du village". Avant de s'attaquer aux chômeurs professionnels, il serait intéressant de s'occupe de ceux qui veulent travailler.
Je touche 400€ au chômage (cohabitant). Ce n'est pas une situation vivable. Oui, je suis chez ma maman, mais à 25 ans j'aimerais beaucoup "quitter le nid". J'aimerais aussi me regarder dans la glace sans avoir envie de pleurer.
Quand je suis en cours, j'oublie tous mes soucis, je fais quelque chose d'utile. Quand je suis chez moi, je me sens mal car je remarque que ce n'est qu'un mirage.
J'espère que ce témoignage fera changer la vision du chômage de certains.

Merci de votre lecture.

.JOY.


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Brussels

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Posté : 25/11/2011 16h24

Merci pour ton témoignage Elma et tu as tout mon soutien !!! malgré que cela ne t'avance en rien, je sais bien.

Le système actuel est totalement absurde et le devient de plus en plus. Il faut avoir vécu tout ça que pour bien comprendre les blocages.. ceux qui n'ont pas goûté à toutes ces expériences, accusent très facilement les gens de toutes sortes et collent des étiquettes...

Pour ma part, déjà un peu plus loin dans la vie, mais ayant toujours été une battante, j'en ai vu et observé comme absurdités... si je m'y mettais, des pages entières y passeraient aussi.

Accroche-toi, dis-toi que parfois c'est un peu plus long que prévu mais il y a moyen d'y arriver...ténacité, patience... très content très content circonspect très fâché

femme Lostinthenight


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Tertre
26 ans

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Posté : 25/11/2011 23h15

Il faut quand même être sûr de se qu'on raconte quand on décide de se faire plaindre en public.

Tout d'abord, quand on renonce à ses allocations de chômage pour reprendre des études et qu'on se désinscrit du Forem, ce n'est pas à vie et tu retrouveras ton droit aux allocations de chômage lorsque tu auras terminé tes études.

Ensuite, le bénévolat n'est pas du tout réservé aux personnes qui ont du mal à trouver un emploi. C'est juste qu'il est interdit de faire du bénévolat à un endroit où la personne qui t'emploi comme bénévole pourrait engager un salarié, ce qui est le cas pour l'école des devoirs comme pour le fait d'être guide. Il est simplement interdit de prendre la place d'un travailleur salarié en travaillant pour rien, ce qui me semble assez logique.

Je comprend que ta situation soit difficile et frustrante, mais critiquer le système sans entièrement le comprendre ce n'est pas la meilleure chose à faire non plus.

Il y a effectivement beaucoup de choses qui ne vont pas, mais l'état ne peut pas payer toutes les personnes qui décident de reprendre des études ou qui ont envie de faire du bénévolat plic ploc pour s'occuper (et je ne parle pas de toi spécifiquement).

Pour l'instant, tu es du côté victimisant de la barrière, mais si tu travailles au SPF finances, tu vas vite être confrontée aux gens qui tentent de profiter du système et tu vas comprendre pourquoi il y a autant de règles qui peuvent sembler décourageantes et démotivantes vues de l'extérieur.

J'espère sincèrement que tu arriveras à trouver un boulot qui te plait, que tu pourras rapidement prendre ton indépendance et te sentir mieux.

homme Elma


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25 ans

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Posté : 26/11/2011 10h24

@Lostinthenight :
- Concernant les allocations de chômage, je ne suce pas ça de mon pousse, mais du conseiller du FOREM, confirmé par mon syndicat. J'aurais juste pu prétendre au RIS, en fonction du revenu de ma maman.

Ensuite, dire que je ne comprends pas le système, j'ai un peu envie de rire.
D'abord, les deux "institutions" sont des asbl. Il suffit d'aller voir à la Cours des Comptes pour remarquer que leurs budgets sont très serrés. S'ils veulent engager quelqu'un, il faut un subside supplémentaire. D'ailleurs, c'est pour cela que, dans l'école des devoirs, ce ne sont que des bénévoles.
D'ailleurs, la raison invoquée pour me refuser n'a pas été celle-là, c'est mon diplôme qui les a poussé à dire non. Or, rien dans la législation interdit un BAC+5 de faire du bénévolat.

homme Midfinance


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Fléron

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Posté : 28/11/2011 10h42

Bonjour,

Ce qui ressort de votre témoignage est qu'il est difficile de faire carrière dans un branche intellectuelle et qui plus est littéraire. De nombreuses personnes sorties des bancs de l'université n'hésitent pas à travailler dans l'horeca ou la grande distribution.
Cela est courageux et tout à leur honneur.

Vous avez essayé de vous rendre indépendant et avez décidé de vous réorienter : ça l'est tout autant,il est difficile de se détacher de ses ambitions.

Cela m'étonne que vous n'ayez pas trouvé de place dans l'enseignement : vous êtes vous inscrit partout, avez-vous insisté ?

J'espère que vous trouverez rapidement un travail et ne laisserez pas tomber pour autant votre passion pour l'histoire.

Michel.

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